Vous avez sans doute déjà ressenti cette frustration immense : celle d’avoir compris intellectuellement que « tout va bien », mais de sentir votre cœur s’emballer, votre corps se figer ou une colère sourde monter pour un détail insignifiant.
Une des phrases qui revient le plus souvent en cabinet est celle-ci : « Je voudrais faire autrement mais c’est plus fort que moi. »
La clé de compréhension (et de déculpabilisation), ce n’est pas la volonté ou le courage ; c’est la biologie et, plus précisément, le fonctionnement de votre Système Nerveux Autonome (SNA). Plongeons dans la logique de votre survie.
On imagine souvent le psychotraumatisme comme un événement passé, une image en noir et blanc rangée dans un tiroir. Pourtant, pour votre corps, le trauma est au présent.
Lorsqu’un événement dépasse nos capacités de réponse (fuite ou combat), notre système nerveux reste « allumé » sur le mode alerte. C’est comme une sentinelle qui continuerait de crier au loup alors que la forêt est redevenue calme. Ce n’est pas votre esprit qui se souvient, c’est votre corps qui continue de vivre l’événement, ici et maintenant.
Face à un danger, nous connaissons tous le réflexe de « fuir ou combattre ». Mais que se passe-t-il lorsque aucune de ces options n’est possible ? C’est le cas dans les situations de violences conjugales, d’emprise ou de traumas complexes vécus dans l’enfance.
Le corps active alors une protection ultime : le figement. Rester, se taire, devenir transparent… ce n’est pas de la soumission, c’est une stratégie de génie de votre système nerveux pour minimiser les dommages. Si vous n’avez pas pu partir, ce n’est pas par « faiblesse », c’est parce que votre biologie a jugé que l’immobilité était votre seule chance de survie à cet instant précis.
Dans les moments de détresse absolue, notre cerveau possède une capacité fascinante : celle de nous « absenter » de nous-mêmes. C’est la dissociation.
Imaginez un enfant dont l’environnement est menaçant. Pour se protéger, il apprend à se déconnecter de ses émotions et de son corps. Il « part ailleurs ». Ce mécanisme est une protection vitale sur le moment. Le problème ? Ce « doudou psychologique » reste parfois actif à l’âge adulte. On se retrouve alors coupé de ses sensations, avec l’impression de vivre sa vie comme un spectateur, incapable de ressentir pleinement la joie ou la sécurité.
Avez-vous remarqué que, sous stress, certains bruits (le bourdonnement d’un frigo, un moteur au loin) deviennent insupportables, alors que vous peinez à entendre ce qu’on vous dit ?
Ce n’est pas de l’irritabilité. C’est votre radar de survie qui s’est réglé sur les « basses fréquences ». Biologiquement, ces sons sourds correspondent aux bruits des prédateurs dans la nature. En mode alerte, votre oreille interne se tend pour capter la menace et filtre les hautes fréquences, celles de la voix humaine, qui sont pourtant les sons de la sécurité. Vous êtes alors physiquement « coupé » du lien social par votre propre système de défense.
On se juge sévèrement pour nos colères explosives ou nos moments d’apathie. Et si nous changions de regard ?
Imaginez votre système nerveux comme une charpente de cathédrale. Chaque réaction (la colère qui gronde, le contrôle excessif, le retrait silencieux) est un arc-boutant qui se rigidifie pour empêcher l’édifice de s’effondrer.
La colère n’est pas de la méchanceté, c’est un pilier qui encaisse une pression trop forte.
Le figement n’est pas de la lâcheté, c’est une structure qui disjoncte pour préserver ses fondations.
Il n’y a pas de mauvaises réactions, il y a des systèmes nerveux en famine de sécurité.
La bonne nouvelle est que le système nerveux est plastique : il peut réapprendre la sécurité.
Le travail en hypnose et en thérapie psychocorporelle ne consiste pas à « effacer » le passé, mais à montrer à votre corps que le danger est terminé.
On apprivoise : on s’exerce à entrer et sortir des états de protection de manière volontaire.
On réajuste : on utilise vos capacités de protection pour explorer les souvenirs difficiles sans souffrir.
On apaise : en régulant le SNA, on baisse le volume des signaux d’alerte.
L’objectif est que votre charpente n’ait plus besoin de se rigidifier pour tenir debout. Que vous puissiez enfin habiter votre corps en toute confiance, ancré(e) dans le présent.
Votre corps n’est pas votre ennemi. Même lorsqu’il réagit de manière automatique, il cherche avant tout à vous protéger. Si vous souhaitez comprendre ces réactions, apaiser votre système nerveux et retrouver davantage de liberté dans votre vie, je vous propose un appel découverte de 15 minutes ou de prendre rendez-vous une première séance. Nous verrons ensemble quel accompagnement est le plus adapté à votre situation.
Nancy Solenko
Psychopraticienne Hypnothérapeute
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