De la Conscience à la Liberté – thérapie holistique

Votre mental, votre corps, votre esprit, vos émotions...

« Je devrais me sentir bien, mais je ne ressens rien. »

Face à un paysage ensoleillé, en écoutant votre musique préférée ou simplement lors d’un échange amical avec un proche ou un collègue, cette impression s’impose parfois avec force.

Vous agissez, vous parlez, vous répondez aux sollicitations du quotidien mais tout se déroule dans un calme plat presque irréel.

Ce n’est pas un trop-plein d’émotions qui vous submerge mais une absence diffuse de relief comme si le lien entre vous et le monde s’était distendu.

Face aux autres, ce décalage génère souvent un sentiment d’incompétence relationnelle ou sociale. Les interactions les plus simples, même un salut courtois, exigent alors un effort, une dépense d’énergie disproportionnée pour feindre la spontanéité là où tout devrait être naturel. Pourtant, malgré cette volonté de bien faire et l’épuisement qui en découle, le ressenti ne s’enclenche pas.

On se perçoit alors comme une coquille vide, froide, ou incapable de s’impliquer profondément.

Pourtant, ces manifestations ne relèvent ni de l’indifférence, ni d’un défaut de cœur, mais indiquent qu’un mécanisme de protection s’est activé au sein du système nerveux : la dissociation.

Au quotidien, ce vécu se traduit par des sensations précises :

  • Le sentiment de ne plus ressentir grand-chose, comme si les émotions glissaient sans infuser.
  • De réelles difficultés à éprouver de la joie face à des événements pourtant heureux qui semblent alors ternes ou fades.
  • Une impression de traverser son existence derrière une vitre, séparé du reste du monde par une barrière invisible.

 

Ces manifestations engendrent souvent un poids : la culpabilité de ne pas être aussi présent, chaleureux ou réactif qu’on le souhaiterait dans ses relations. Voir ses proches souffrir de cette absence mentale peut installer une honte, celle de se percevoir comme décalé, anormal ou incapable d’aimer. Pourtant, ce décalage n’est ni de l’indifférence, ni de la froideur, mais le signe qu’un mécanisme de protection s’est activé au sein du système nerveux.

La dissociation, qu’est-ce que c’est ?

C’est un processus biologique par lequel l’esprit se désolidarise temporairement de la réalité lorsque celle-ci devient intolérable. Lors de violences, d’un accident, de maltraitances ou au sein d’un climat d’insécurité chronique, le cerveau coupe les ponts entre les émotions, les sensations corporelles et la conscience afin de préserver l’intégrité de l’individu. C’est ce mécanisme, initialement conçu pour protéger l’organisme lors de l’impact traumatique qui crée cette sensation de déconnexion au quotidien.

« J’ai l’impression de regarder ma vie au lieu de la vivre »

Il arrive que l’on se sente étranger à son quotidien avec le sentiment persistant d’être un simple spectateur de ses journées. On agit, on parle, on travaille, mais tout s’exécute en pilote automatique. Les heures et les semaines défilent sans que l’on soit véritablement présent à ce que l’on fait.

Pourquoi les moments heureux me procurent-ils si peu de plaisir ?

C’est un des vécus les plus déroutants : cette immense difficulté à ressentir de la joie même dans les circonstances idéales ou auprès de personnes aimées. On se retrouve incapable de savourer l’instant. En réalité, le système nerveux ne sait pas faire de tri sélectif : lorsqu’il réduit l’intensité des émotions douloureuses pour nous préserver, il émousse et réduit souvent aussi, par ricochet, l’intensité des émotions agréables.

Pourquoi ai-je parfois besoin de sensations fortes pour me sentir vivant.e ?

Lorsqu’un vide et une absence de sens à notre vie s’installe, pour retrouver un semblant d’intensité, certaines personnes cherchent inconsciemment à provoquer des secousses internes. Cela peut se traduire par des conduites impulsives au volant, des comportements alimentaires extrêmes, une sexualité à risque ou encore la consommation de substances. Ces agissements ne relèvent pas de l’inconscience mais d’une tentative de se sentir vivant.

Quand on ne peut ni fuir, ni combattre

Pour comprendre l’origine de ce phénomène, il faut observer comment l’organisme gère le danger. Face à une menace, le système de survie s’active immédiatement en libérant un afflux d’hormones, notamment l’adrénaline et le cortisol. Le cœur s’accélère, l’influx nerveux de survie afflue pour préparer le corps à l’action.

Dans certains cas, cette action (fuite ou combat) est impossible, par exemple :

  • les violences intrafamiliales qu’un enfant subit en tant que victime directe ou spectateur,
  • les agressions sexuelles et les viols,
  • la séquestration, prise d’otage, braquage,
  • un accident de la route, une catastrophe naturelle, un incendie dans lesquels on est physiquement bloqué,
  • le harcèlement moral ou sexuel,
  • la violence conjugale et/ou l’emprise psychologique,
  • les intervention médicales invasives, …

 

Si cet influx massif reste bloqué sans pouvoir être évacué, il devient toxique et peut causer de graves dommages à l’organisme. Le système nerveux met alors en place une solution d’urgence et mobilise d’autres mécanismes de protection.

Des endorphines sont notamment libérées afin d’atténuer la douleur tandis que différents processus neurobiologiques modifient la perception, les sensations corporelles et la conscience.

Cette réponse peut conduire à un état de dissociation, comparable, par certains aspects, aux effets produits par certaines substances comme la kétamine.

Comment la dissociation protège-t-elle d’une souffrance insupportable ?

La dissociation agit à la manière d’un disjoncteur électrique en cas de surtension. Pour protéger l’individu d’une détresse ou d’une douleur qui serait intolérable, l’accès aux sensations physiques diminue drastiquement, les émotions sont instantanément atténuées et la conscience se met à distance. L’esprit est ainsi préservé de l’impact immédiat de la réalité.

Une protection parfaitement ajustée à l’instant T

Dans la nature et dans notre biologie, chaque mécanisme possède sa juste fonction. À court terme, cette réaction est d’une pertinence absolue car elle préserve l’intégrité psychique et physique pendant l’événement accablant.

La difficulté ne réside pas dans le mécanisme en lui-même mais dans le fait que cette protection, initialement conçue pour être temporaire, a tendance à se figer. C’est ainsi que les réponses physiologiques du moment de crise se transforment, bien plus tard, en symptômes chroniques.

Pourquoi ce mécanisme peut-il rester actif des années après un événement traumatique ?

Même si le danger a pris fin depuis des mois ou des années, le mécanisme peut persister.

Tant que le souvenir de l’expérience passée n’a pas été traité, le corps maintient le disjoncteur baissé. La dissociation perdure ainsi au milieu d’un environnement pourtant calme car le système nerveux protège l’accès à ce matériel traumatique non digéré.

Précisons qu’il n’est nullement nécessaire de revivre l’horreur de l’événement ou de se retraumatiser pour permettre cette intégration.

Les différentes formes de protections dissociatives

Au quotidien, la dissociation et les stratégies de défense qui lui sont associées peuvent emprunter de multiples voies :

  • L’anesthésie émotionnelle : le sentiment de ne pas être atteint par ce qui arrive, de regarder les événements glisser sur soi.
  • L’anesthésie physique : une perte de sensibilité corporelle et une déconnexion des besoins fondamentaux.
  • La dépersonnalisation : le sentiment perturbant d’être un étranger à soi-même ou à son propre corps.
  • La déréalisation : l’impression que le monde extérieur, les autres ou le décor autour de soi paraissent irréels, artificiels ou lointains.
  • L’amnésie dissociative : certains pans du passé s’effacent complètement de la mémoire.
  • La psychosomatisation : l’émergence de douleurs physiques qui rendent la détresse émotionnelle sous-jacente plus tolérable.

 

Conclusion

Il est fréquent d’interpréter cette déconnexion comme un trait de personnalité, ce qui conduit à se croire devenu dur, froid ou insensible.

C’est une double peine : on souffre de cette absence de ressentis et on s’en veut d’être ainsi.

Pourtant, il ne s’agit pas de votre identité. Vos émotions, votre joie et votre sensibilité sont toujours présentes, préservées quelque part en vous. C’est simplement que l’accès en a été verrouillé. La porte est fermée, mais la pièce n’est pas vide.

La dissociation n’est pas un défaut de caractère mais la trace d’une stratégie de survie extraordinairement efficace face à une situation que l’organisme ne pouvait ni fuir ni combattre. Aujourd’hui, ce mécanisme protège essentiellement du souvenir et de l’histoire restée bloquée dans la psyché.

Le chemin vers la guérison repose sur un processus de réassociation progressive. C’est au cœur d’une relation thérapeutique sécurisante, où s’installe pas à pas la confiance du consultant et celle du système nerveux autonome, que l’organisme ressent qu’il peut relâcher cette désensibilisation. Lentement, le lien se tisse à nouveau, permettant de retrouver pleinement accès à la vie en soi.

Respecter votre propre rythme

Si ces lignes résonnent avec votre histoire, sachez qu’il n’y a aucune urgence à bousculer ce système de protection. Le simple fait de comprendre ce mécanisme est déjà un espace de douceur que vous vous offrez.

Lorsque vous vous sentirez prêt(e) à entamer ce processus de réassociation, je vous propose un espace d’écoute sécurisant. Nous pouvons commencer par un échange téléphonique offert de 15 minutes, sans aucun engagement, pour faire connaissance et évaluer si ma démarche correspond à vos besoins actuels. 

Pour entrer en contact avec moi, vous pouvez suivre ce lien.

Nancy Solenko

Psychopraticienne Hypnothérapeute

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