Au quotidien, les oublis s’accumulent : un rendez-vous pourtant noté, les clés égarées ou cette chose précise que vous veniez chercher dans une pièce et dont le nom s’évapore.
Parfois, on vous donne une consigne simple, un prénom, un chiffre et, trois minutes plus tard, c’est le vide complet.
Vous lisez une page entière d’un livre et, arrivé en bas, vous réalisez que vous n’avez absolument rien retenu.
Pourtant, à l’extérieur, vous ne passez pas forcément pour quelqu’un qui est « dans la lune ». Vous donnez le change, vous gérez le quotidien.
Mais à l’intérieur, vous êtes enfermé.e. Vous vous sentez épuisé.e à force de ne jamais avoir de répit mental et la moindre sollicitation de trop (qu’elle vienne de vos enfants, de votre conjoint ou de vos collègues) déclenche une vague d’énervement ou même une envie viscérale de hurler qu’on vous fiche la paix.
Face à ces trous de mémoire et à cette tension constante, une peur sourde s’installe :
Et si je perdais mes capacités ?
Et si c’était le début d’un Alzheimer précoce ?
Et si ce n’était pas un problème de maladie neurologique… mais un problème d’indisponibilité émotionnelle, un espace mental entièrement saturé par une souffrance invisible et des ruminations incessantes ?
C’est le symptôme qui inquiète le plus. Une discussion se termine et les détails s’effacent aussitôt. On vous confie une mission simple et vous devez la faire répéter.
Ce n’est pas forcément un problème de mémoire au sens médical. C’est simplement que votre esprit est tellement encombré en arrière-plan par des pensées douloureuses que l’information n’a physiquement pas la place de franchir la porte d’entrée de votre conscience.
! Toutefois, si ces oublis s’installent dans le temps et vous inquiètent, il reste essentiel de consulter un médecin ou un neuropsychologue !
Votre attention est fragmentée, instable. C’est le règne du multitâche mental : pendant que vous essayez d’accomplir une action ou d’écouter quelqu’un, une angoisse sourde ou une voix intérieure tourne en boucle. Votre focus est constamment « aimanté » par vos préoccupations intérieures.
C’est l’épuisement de la surcharge invisible. Votre cerveau utilise toute sa bande passante pour trouver une issue à vos souffrances et ne vous laisse aucun répit, même la nuit, même si vous dormez.
Comme vous êtes plein.e de ce vacarme intérieur, votre seuil de tolérance s’effondre. Un enfant qui crie, une question répétée de votre conjoint, une remarque d’un collègue : la moindre sollicitation extérieure devient l’agression de trop. L’énervement éclate parce que vos batteries émotionnelles sont à sec.
Quand tout devient trop lourd à porter, le besoin de couper le fil devient indispensable. Vous vous surprenez alors à scroller des heures sur votre téléphone, à vous perdre devant des séries ou à vous tourner vers d’autres béquilles (nourriture, alcool, achats compulsifs) pour anesthésier la douleur.
Ce n’est pas un manque de discipline : c’est une tentative de votre système pour mettre le monde sur « pause » et s’extraire d’une réalité devenue difficilement tolérable.
Le cerveau fonctionne selon un système de priorités strict. Sa priorité absolue n’est pas de vous rendre performant ou patient mais de veiller sur votre intégrité, votre survie.
Tout ce qui touche à une détresse affective, à une vigilance ou à une attente douloureuse va capter 100 % de votre énergie. Le cerveau confisque l’attention pour la tourner vers le danger.
Sans que vous le décidiez consciemment, une part de vous reste sur ses gardes.
Tant que cette alerte interne est activée, il est biologiquement impossible pour le corps de se poser et d’être disponible pour une interaction douce.
Ce mécanisme de capture de l’attention est particulièrement puissant lorsque nous sommes aux prises avec une relation insécurisante (dite « toxique »). Votre esprit se retrouve alors totalement focalisé sur une seule personne et ça sature votre bande passante :
Votre cerveau associe alors cette personne au seul remède possible à votre douleur. Cette attente obsessionnelle de réconfort sature votre esprit. Comment réussir à se concentrer sur son présent quand le corps tout entier est en état de manque et d’alerte relationnelle ?
Si votre système perçoit de l’insécurité ou une détresse affective majeure, il coupe immédiatement les ressources de la concentration pour les envoyer vers le mode survie. On ne peut pas être disponible pour les autres quand on est psychologiquement en train de lutter en coulisses pour ne pas sombrer.
Lorsque nous traversons des épreuves, notre système nerveux active des mécanismes de défense (l’hypervigilance, l’évitement ou le figement).
Le problème, c’est que ces mécanismes peuvent rester activés à bas bruit pendant des mois ou des années. Même dans un environnement calme, votre corps continue de réagir comme s’il était en danger immédiat, mobilisant toute votre énergie pour vous protéger.
Lisez ceci pour vous aider à savoir si un évènement traumatique a encore une influence sur votre vie aujourd’hui.
Pour créer un souvenir, le cerveau a besoin d’encoder l’information. Or, l’encodage demande une attention calme et stable. Si votre attention est fragmentée par l’angoisse relationnelle ou des traumas non digérés, l’information « glisse » sans être stockée.
Vos oublis ne sont pas forcément le signe d’un Alzheimer naissant mais le symptôme direct d’un système d’alarme qui surchauffe et empêche l’encodage.
Cette indisponibilité prend souvent racine dans des expériences passées ou présentes qui ont brisé votre sécurité :
Ces événements laissent une empreinte traumatique. Le trauma, c’est exactement cela : un passé douloureux ou une emprise actuelle qui continue d’occuper tout l’espace mental du présent, confisquant votre capacité à être là, ici et maintenant.
Ce recadrage est essentiel pour vous libérer de la culpabilité :
C’est la réaction normale d’un système en surcharge émotionnelle qui tente de s’adapter à une souffrance trop grande.
Cette sensation d’avoir la tête ailleurs est une stratégie adaptative. Face à une détresse relationnelle ou un historique de trauma, s’absenter mentalement ou se couper de ses émotions est une manière pour le cerveau de créer un écran de protection. Le coût cognitif est lourd entre l’irritabilité et les oublis mais « l’intention » initiale de votre corps est de vous préserver de l’effondrement.
Si vous avez la sensation d’oublier le quotidien et de saturer face à la moindre sollicitation, cessez de vous flageller. Ce vécu a une logique interne implacable : votre esprit n’est pas défaillant, il est simplement accaparé par des ruminations douloureuses et des mémoires d’abandon qui réclament toute votre énergie.
La solution ne se trouve pas dans des efforts de volonté ou la peur de la maladie.
Elle réside dans la libération de cette charge émotionnelle et la restauration d’une véritable sécurité intérieure.
Les ruminations obsessionnelles, la culpabilité et les mémoires d’abandon ne sont pas une fatalité. Vos difficultés de concentration ne sont pas un défaut de fabrication : c’est le signal que votre système réclame du répit.
Je vous propose un espace thérapeutique sécurisant, à Mons ou en visioconférence, pour vous aider à décharger ce trop-plein émotionnel, apaiser le bruit intérieur et redonner à votre esprit sa pleine disponibilité.
Un appel découverte de 15 minutes vous est offert pour faire connaissance, sentir si mon approche résonne avec vos besoins et explorer ensemble la meilleure façon d’avancer.
Pour prendre rendez-vous ou me contacter, vous pouvez cliquer ici.
Nancy Solenko
Psychopraticienne Hypnothérapeute
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